Programme de l’atelier bordertextures
26 juillet 2019
Border Aesthetics: Visibility and Invisibility at the US-Mexico Divide
Markus Heide (Université d’Uppsala, Suède)
26 juillet 2019, 16h-18h
Université de la Sarre, Campus Saarbrücken
Dans les années 80 et 90, les artistes et les écrivains qui se consacraient à ce que l’on appelle aujourd'hui « boder art » se concentraient fortement sur les formes d’intersection et de mélange culturels ainsi que sur les concepts de la dé-catégorisation. Certains de ces artistes et écrivains ont souligné le potentiel utopique de l'espace frontière. Leur travail littéraire et artistique a contribué à théoriser diverses formes de mélange. Leur border art a inspiré les concepts postcoloniaux d'hybridité, de métissage et de mestizaje. Après cette période, à la fin des années 90 et en particulier après le 11 septembre, la surveillance est devenue une thématique dans l’art qui a exploré de manière critique les paradigmes frontaliers. Plus récemment, le border art s’est davantage tourné vers les questions de violence : violence narco, féminicide, immigration, mais aussi violence structurelle qui établissent des critères définissant qui est autorisé à franchir la frontière et qui ne l’est pas. La conférence traitera des intersections de la politique et de l'esthétique dans les régions frontalières américano-mexicaines contemporaines.
Markus Heide est associate professor à l'Institut suédois d'études nord-américaines de l'Université d'Uppsala. Ses recherches récentes portent sur les relations interaméricaines (États-Unis, Canada, Mexique) et la frontière américano-mexicaine. Dans ce contexte, il a co-édité « Hemispheric Encounters: The Early United States in Transnational Perspective » (2015) et a publié des contributions scientifiques sur « border film », « border art » et les « narcocorridos » aux États-Unis et en Europe. En 2017 et 2018, il a été chercheur invité au Centre d'études ibériques et latino-américaines de l'Université de San Diego, où il a mené des travaux de recherche et des travaux sur le terrain sur les frontières américano-mexicaines en tant qu'espace contesté : film, art et culture populaire.
6 décembre 2018
Globalized Borders: An Archaeology of Border Theory, Border Poetics and Border Aesthetics
Johan Schimanski (Université d’Oslo, Norvège & University of Eastern Finland, Finlande)
6 décembre 2018, 15h30 – 17h00
Campus Belval, Maison du Savoir, salle 4.510
La théorie des frontières, la poétique des frontières et l‘esthétique des frontières sont des processus de formation théoriques qui s’inscrivent entre les études littéraires et culturelles d’une part et les Border Studies d’autre part face au poststructuralisme, au postcolonialisme et aux études latino-américaines. Dans cet exposé, je retracerai l’évolution historique des intérêts, des concepts et des obligations interdisciplinaires qui se sont développés dans ces approches aux frontières. Pouvons-nous, sur la base d’une telle évolution, prévoir le développement futur de l’exploration des frontières et de la culture dans un monde dans lequel les frontières sont de plus en plus mondialisées, comme dans l’émergence récente du concept des bordertextures ?
Johan Schimanski est professeur de littérature comparée à l‘Université d’Oslo et directeur de recherche au Department of Literature, Area Studies and European Languages. En outre, il travaille à l’Université de la Finlande Orientale comme professeur en charge des rencontres culturelles. Ses publications récentes englobent entre autres le recueil intitulé « Border Aesthetics : Concepts and Intersections (2017). La traduction en allemand de son livre sur la Border Theory paraîtra en Allemagne en 2019.
13 juin 2018
Migrierende Grenzen und Zeitverschiebungen: Zum Zusammenhang von Temporalitäten und Grenzüberquerungen in Europa
Carolin Leutloff-Grandits
Université européenne Viadrina à Francfort-sur-l’Oder
13 juin 2018, 16h00 – 17h30
Bâtiment B 3.1, salle 011
Université de la Sarre, campus de Sarrebruck
[Frontières migrantes et décalages horaires : le lien entre temporalité et franchissements des frontières en Europe]
Franchir une frontière, ce n’est pas seulement changer de lieu, cela implique également une dimension temporelle. C’est sur cet aspect que se focalise l’atelier en interrogeant la constitution de frontières à partir des « temporalités frontalières ». L’hypothèse se base sur la prémisse que chaque espace et chaque frontière au sein d’un espace sont définis à la fois par leur territorialité et le temps : l’espace et le temps se retrouvent dans des pratiques spatiales, des souvenirs et des narrations tout comme dans les espoirs et les craintes qui rattachent l’histoire d’une communauté imaginée à un territoire donné. L’exposé souhaite s’approcher de telles temporalités frontalières dans un premier temps sous une perspective théorique pour ensuite les explorer et les analyser en relation avec la fuite et la migration.
Dr. Carolin Leutloff-Grandits est anthropologue sociale et mène des recherches sur la migration, la famille, la sécurité sociale et l’importance des frontières. Après son doctorat passé à l’Institut Max-Planck de recherche ethnologique à Halle/Saale, elle a travaillé à l’Université de Graz et a entre autres enseigné à l’Université de Vienne. Depuis 2018, elle est coordinatrice scientifique du Centre Viadrina B/ORDERS IN MOTION à l’Université européenne Viadrina à Francfort-sur-l’Oder.
22 février 2018
Infrastrukturen der Grenze
Hannes Krämer (Université européenne Viadrina à Francfort-sur-l’Oder)
22 février 2018
15h30 – 17h00
Université de Luxembourg
Campus Belval | Maison du Savoir | salle 3.120
[Infrastructures frontalières]
Les frontières n’existent pas naturellement, elles ont besoin d’objets matériels et de symboles. Elles dépendent d’infrastructures, c’est- à-dire des fondements puissants et souvent invisibles de la liaison et de la séparation qui, comme une sorte de « substrat », sont à la base des processus sociaux. Interpréter les frontières comme des formations infrastructurelles donne d’une part accès aux différentes dimensions des multiples processus de délimitation de frontières et d’autre part une description du caractère relationnel de dimensions frontalières. L’exposé reconstruit le potentiel de la notion d’infrastructure pour l’analyse de processus de border et de boundary et montre la reformulation praxéologique d’une telle compréhension de la frontière.
Dr. Hannes Krämer est coordinateur scientifique de « Grenzforschung » (recherche frontalière) et directeur du Groupe de recherche « Border & Boundary Studies » au Centre Viadrina B/ORDERS IN MOTION. Il a fait des études de sciences sociales et de sciences de la communication et a passé son doctorat avec une ethnographie du travail créatif. Ses domaines de travail sont la recherche frontalière, les théories de la pratique, la recherche sur le travail et la recherche organisationnelle, les études de mobilité et la recherche sur le phénomène temporel.
7 June 2017
The Work of Global Border Writing
Claudia Sadowski-Smith (Arizona State University)
7 juin 2017, 16h-18h
Université de la Sarre, Campus Saarbrücken
Bâtiment C 5 3, salle 119
Cette présentation place la théorie de la frontière américano-mexicaine dans le contexte plus large des discours mondiaux sur les passages frontaliers humains contemporains. Claudia Sadowski-Smith expliquera en quoi un nombre croissant d’écrits sur le franchissement de frontières aux États-Unis et dans l’Union européenne complique l’accent mis par les études américaines sur la relation d’une population donnée à une frontière géographique donnée.




